Une URL est un engagement de dix ans
L'adresse d'une page est la seule partie d'un site impossible à changer sans conséquence. Elle se conçoit avec plus de soin que le reste.
Le design sera refait, les textes réécrits, la technologie remplacée. L’adresse, elle, aura été copiée dans des courriels, imprimée sur des documents, référencée par des sites tiers et enregistrée par les moteurs.
C’est la partie la plus durable d’un site, et celle qui reçoit le moins d’attention.
Ce qu’il ne faut jamais y mettre
L’organisation interne. /direction-communication/pole-web/actualites/ devient faux à la
prochaine réorganisation.
La technologie. /index.php?id=42 interdit de changer de socle sans casser l’existant, et
n’apprend rien au visiteur.
L’année, sauf pour du contenu daté. /tarifs-2024/ oblige à créer une nouvelle adresse
chaque année, et laisse traîner les anciennes en tête des résultats de recherche.
Un identifiant seul. /p/8891 fonctionne, mais ne se lit pas, ne se dicte pas au téléphone
et n’inspire pas confiance dans un résultat de recherche.
Ce qui vieillit bien
Des mots, en minuscules, séparés par des tirets, décrivant le contenu :
/blog/migrer-sans-casser-les-url/.
Une profondeur faible. Chaque niveau supplémentaire est une occasion de réorganisation future.
Un blog n’a pas besoin de /blog/2024/07/ : la date est une métadonnée, pas un chemin.
Une convention unique sur tout le site : barre finale ou non, accents ou non, singulier ou pluriel. L’incohérence crée des doublons et des redirections inutiles.
Les accents et la casse
Techniquement autorisés, les accents dans les adresses sont encodés de façon illisible dès leur copie. Une adresse destinée à être partagée gagne à rester en caractères simples.
La casse, elle, est significative sur la plupart des serveurs : /Contact/ et /contact/ sont
deux adresses. Tout en minuscules, sans exception, supprime une source d’erreurs 404.
Quand le changement est inévitable
Il arrive : une refonte de l’offre, une fusion, une clarification qui vaut le coût.
La règle est alors de rediriger de façon permanente, chaque ancienne adresse vers son équivalent le plus proche, et de conserver ces redirections indéfiniment. Elles pèsent quelques octets et continuent de servir des visiteurs pendant des années.
Les supprimer « parce que ça date » est une décision qui se prend le jour où plus personne ne les emprunte — c’est-à-dire jamais tout à fait.
Le test de la dictée
Une adresse doit pouvoir se dicter au téléphone sans épeler. Si elle contient un identifiant, un paramètre ou une suite de caractères aléatoires, elle échoue à ce test — et ce test prédit correctement sa durée de vie utile.