Une sauvegarde jamais restaurée n'est pas une sauvegarde
La quasi-totalité des dispositifs de sauvegarde fonctionnent. Le problème surgit à la restauration, et c'est la seule étape que personne ne répète.
La sauvegarde tourne toutes les nuits, le rapport est vert, la case est cochée. Le jour de l’incident, l’archive se révèle incomplète, illisible, ou vieille de trois semaines parce que la tâche échouait en silence depuis.
La sauvegarde n’est pas le sujet. La restauration l’est.
Le seul test valable
Restaurer, réellement, dans un environnement séparé, à partir de la sauvegarde seule — sans s’aider de fichiers restés sur le serveur d’origine.
Trois questions à la fin : le contenu est-il complet, y compris les fichiers déposés par les utilisateurs ? Combien de temps l’opération a-t-elle pris ? Quelqu’un d’autre que son auteur saurait-il la refaire à partir de la documentation ?
Une fois par trimestre suffit. Ne jamais le faire garantit de le découvrir au pire moment.
Deux chiffres à écrire noir sur blanc
La perte de données acceptable. Une sauvegarde quotidienne à 3 h accepte implicitement de perdre une journée de saisie. C’est parfois raisonnable, parfois inacceptable — mais ce doit être une décision, pas une conséquence du réglage par défaut.
Le délai de remise en service acceptable. Restaurer 400 Go depuis un stockage distant prend des heures. Si l’activité ne supporte pas cette interruption, le dispositif doit changer, pas l’espérance.
Ces deux chiffres orientent tout le reste. Sans eux, la discussion technique tourne à vide.
La règle des trois copies
Trois exemplaires, sur deux supports différents, dont un hors site. Elle est ancienne et tient toujours.
L’exemplaire hors site répond aux sinistres physiques. Le support différent répond aux défaillances corrélées : deux disques du même lot, achetés ensemble, tombent volontiers dans la même semaine.
Le cas du chiffrement malveillant
Une sauvegarde accessible en écriture depuis le serveur qu’elle protège sera chiffrée en même temps que lui. C’est le mode opératoire courant, et il annule des dispositifs par ailleurs corrects.
Deux réponses : un stockage en écriture seule, permettant de déposer mais ni modifier ni supprimer, et une copie hors ligne ou verrouillée sur une période donnée.
La durée de conservation
Une corruption de données passe souvent inaperçue plusieurs semaines. Une rétention de sept jours ne permet alors de restaurer que des données déjà corrompues.
Un échelonnement — quotidien sur un mois, hebdomadaire sur un trimestre, mensuel sur un an — coûte peu en stockage et couvre les découvertes tardives.