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Migrer un site sans perdre dix ans de référencement

La perte de trafic après refonte n'a presque jamais pour cause le nouveau design. Elle vient des adresses abandonnées en silence.

·2 min de lecture

Le scénario est régulier. Refonte livrée, tout le monde satisfait, et six semaines plus tard le trafic issu des moteurs a fondu de moitié. Le design est mis en cause. Il n’y est pour rien.

Ce qui a disparu, ce sont les adresses.

Une adresse est un actif

Chaque page indexée depuis des années a accumulé de l’ancienneté, des liens entrants, des signets. Cette valeur est attachée à l’adresse, pas au contenu. Changer l’adresse sans le dire revient à déménager sans laisser d’adresse de réexpédition.

Le nouveau site est très bien. Personne ne le trouve.

L’inventaire d’abord

Avant toute mise en ligne, constituer la liste complète des adresses existantes. Trois sources, à croiser :

  • l’ancien site exploré page à page ;
  • les journaux du serveur sur douze mois, qui révèlent des adresses oubliées mais encore visitées ;
  • les outils pour webmasters du moteur, qui listent ce qui est réellement indexé.

Les journaux réservent des surprises : anciens fichiers PDF, pages de campagne, versions imprimables. Ces adresses reçoivent encore des visites, parfois depuis des liens que vous ne contrôlez pas.

Le plan de correspondance

Pour chaque ancienne adresse, une nouvelle. La règle importante : rediriger vers l’équivalent le plus proche, jamais systématiquement vers la page d’accueil. Une redirection massive vers l’accueil est traitée comme une page introuvable déguisée, et l’ancienneté est perdue.

Quand aucun équivalent n’existe, mieux vaut assumer une page introuvable propre, avec une recherche et des liens utiles, qu’une redirection trompeuse.

Trois pièges classiques

La redirection temporaire. Le code 302 indique un déplacement provisoire : l’ancienne adresse reste la référence, la nouvelle n’hérite de rien. Pour une migration, c’est 301.

Les chaînes de redirection. Après deux refontes, une adresse de 2016 peut passer par trois sauts avant d’arriver. Chaque saut coûte un aller-retour réseau. Les chaînes doivent être aplaties : l’origine pointe directement sur la destination finale.

Le fichier d’exclusion recopié. Le fichier qui interdisait l’exploration de la préproduction part parfois en production tel quel. Le site devient invisible, et l’effet est immédiat.

Après la bascule

Surveiller les erreurs 404 dans les journaux pendant un mois. Chaque adresse qui apparaît est une redirection oubliée, et chacune se corrige en une ligne.

Un mois de vigilance vaut mieux qu’un audit six mois plus tard, quand la chute est constatée sans pouvoir la relier à sa cause.