Tous les articles

Le développeur junior ne coûte pas moins cher. Il coûte ailleurs.

Comparer des taux journaliers revient à comparer des prix au kilo sans regarder la marchandise. Le coût réel se voit sur la maintenance.

·3 min de lecture

Deux propositions, deux taux journaliers séparés par 40 %. Le moins cher paraît évidemment préférable, à compétence supposée équivalente.

La supposition est le problème.

Le taux journalier ne dit rien du coût total

Ce qui se paie n’est pas une journée, c’est un résultat. Un développeur expérimenté peut mettre trois jours là où un débutant en met huit, et livrer un code que le suivant comprendra.

L’écart ne se voit pas sur la facture initiale. Il se voit sur la deuxième évolution, quand modifier ce qui a été livré coûte plus cher que prévu, et sur la troisième, quand personne ne veut plus y toucher.

Où l’écart se manifeste réellement

Les décisions structurantes. Le modèle de données, la gestion des états, le découpage. Une erreur à ce niveau ne se corrige pas par une correction : elle se corrige par une réécriture. C’est là que l’expérience se paie, et elle se paie une seule fois.

Ce qui n’est pas demandé mais nécessaire. La gestion des erreurs, les cas limites, la journalisation, le comportement au volume réel. Un développeur expérimenté les traite sans qu’ils figurent au cahier des charges. Un débutant livre exactement ce qui est écrit — et ce qui est écrit ne suffit jamais.

Le temps du client. Un prestataire qui a besoin de trois échanges pour comprendre une demande consomme du temps qui n’est pas facturé mais qui est bien dépensé, du côté du client.

Ce que le junior fait très bien

Le raisonnement inverse serait aussi faux. Sur un périmètre cadré, avec des décisions déjà prises et une revue de code sérieuse, un profil moins expérimenté produit un travail équivalent pour moins cher.

Ce qui compte n’est pas l’ancienneté de la personne : c’est l’existence d’une revue et la présence de quelqu’un qui a tranché les questions de structure. Une équipe mixte encadrée est souvent la meilleure combinaison économique.

Un prestataire qui place uniquement des profils juniors sans revue vend un taux journalier, pas un résultat.

Les questions qui remplacent la comparaison de taux

  • Qui prend les décisions d’architecture sur ce projet, et quelle est son expérience ?
  • Le code est-il relu par une autre personne avant livraison ?
  • Que se passe-t-il si la personne affectée quitte le projet en cours de route ?
  • Combien de temps prendrait une évolution simple, six mois après la livraison ?

La dernière question est la plus révélatrice. Une réponse précise indique que le prestataire pense en coût de possession. Une réponse vague indique qu’il pense en jours vendus.

Le seul chiffre qui compte

Pas le taux journalier : le coût de la troisième évolution. Il est inconnu au moment de choisir, mais les quatre questions ci-dessus en donnent une bonne approximation.