3 000 € et 30 000 € pour le même site : les deux devis sont honnêtes
L'écart ne s'explique pas par la marge. Il s'explique par ce que chaque devis inclut, et surtout par ce qu'aucun des deux n'écrit.
Deux propositions pour le même besoin, un rapport de un à dix. Le réflexe est de suspecter une marge abusive d’un côté ou de l’incompétence de l’autre.
Les deux peuvent décrire un travail réel. Elles ne décrivent simplement pas le même.
Ce qui n’est presque jamais écrit
Le contenu. Rédiger les textes, obtenir les photos, structurer l’information représente souvent plus de temps que le développement. Un devis bas suppose que le client fournit tout, prêt à intégrer. Ce n’est presque jamais le cas, et la découverte se fait en cours de projet.
La reprise de l’existant. Récupérer huit cents pages, les trier, rediriger les anciennes adresses. Absent d’un devis bas, ce poste réapparaît en avenant.
Les allers-retours. Deux séries de retours ou illimitées ne coûtent pas la même chose. Le nombre est rarement précisé, et c’est la première source de litige.
La recette et les corrections après mise en ligne. Incluses pendant trois mois, ou facturées au ticket.
La maintenance. Mises à jour de sécurité, sauvegardes, supervision. Un site livré sans maintenance est un site qui se dégradera, et cette ligne absente est la plus coûteuse à terme.
Ce qui distingue vraiment les deux propositions
Un devis bas repose généralement sur un thème existant, adapté. C’est légitime, rapide, et cela convient à beaucoup de besoins. La contrepartie : la structure est celle du thème, les performances sont celles du thème, et les modifications profondes sont chères ou impossibles.
Un devis élevé implique une conception spécifique : arborescence, maquettes, développement. Cela se justifie quand le site porte une part de l’activité — pas quand il sert de carte de visite.
Les questions qui font apparaître l’écart
À poser aux deux, par écrit :
- Qui rédige les contenus, et combien de pages sont comprises ?
- Combien de séries de retours sont incluses avant livraison ?
- Que se passe-t-il après la mise en ligne, et pendant combien de temps ?
- Le code et les accès sont-ils remis, et le nom de domaine est-il à mon nom ?
- Sur quel socle le site est-il construit, et pourrai-je changer de prestataire ?
Les réponses ramènent les deux devis sur un périmètre comparable. L’écart se réduit considérablement — et le devis le moins cher n’est pas toujours celui qui semblait l’être.
Le vrai piège
Ce n’est pas le prix élevé : c’est le devis bas qui masque des postes réapparaissant en avenants non plafonnés. Un budget de 3 000 € devenu 11 000 € au fil des ajouts coûte plus cher qu’un devis à 9 000 € annoncé d’emblée — et il aura généré trois mois de tension en prime.