106 critères d'accessibilité. Cinq suffisent à régler l'essentiel.
Le référentiel compte 106 critères, ce qui décourage. Une poignée d'entre eux couvre la majorité des blocages réels, et se traite sans outil spécialisé.
L’accessibilité est souvent abordée par le référentiel, donc par 106 critères et une documentation dense. La réaction habituelle est le report, puis l’audit de conformité en fin de projet, quand corriger coûte le plus cher.
L’ordre inverse est plus efficace : traiter d’abord le petit nombre de défauts qui bloquent réellement, puis viser la conformité.
Cinq vérifications à fort rendement
Naviguer au clavier seul. Débranchez la souris et parcourez un parcours complet : formulaire de contact, menu, recherche. Si un élément est inatteignable, ou si le focus devient invisible, une partie des visiteurs est bloquée. C’est le test le plus rentable, il prend dix minutes.
Vérifier les contrastes. Le texte gris clair sur fond blanc est le défaut le plus répandu des maquettes. Le seuil est 4,5:1 pour le texte courant, 3:1 pour les grandes tailles. Cela concerne aussi les états : un champ désactivé reste à lire.
Décrire les images utiles, taire les autres. Une image porteuse d’information a besoin d’une description ; une image décorative doit être explicitement ignorée. Une alternative présente sur une image de décor est aussi gênante qu’une alternative absente sur un graphique.
Associer chaque champ à son intitulé. Un intitulé qui n’est pas lié au champ n’est pas annoncé. Le message d’erreur doit être lié lui aussi, sinon la personne sait qu’une erreur existe sans savoir laquelle.
Structurer les titres dans l’ordre. Les niveaux servent à naviguer, pas à dimensionner du texte. Un titre choisi pour sa taille casse le plan du document.
Ce que les outils automatiques ne voient pas
Un analyseur détecte environ un tiers des problèmes : contrastes, alternatives manquantes, intitulés absents. Il ne détecte pas si l’alternative décrit correctement l’image, si l’ordre de tabulation suit l’ordre visuel, ni si un composant fait maison se comporte comme ce qu’il imite.
Un score de 100 sur un outil automatique n’indique donc pas un site accessible. Il indique qu’un tiers du chemin est fait, et c’est déjà utile.
Le composant maison, source principale de blocages
Les défauts les plus lourds viennent rarement du texte : ils viennent des composants
réimplémentés. Une liste déroulante construite en div, un onglet qui ne répond pas aux
flèches, une fenêtre modale qui laisse le focus derrière elle.
L’élément natif du navigateur, lui, fonctionne partout et sans code. Le réflexe le plus efficace consiste à vérifier, avant d’écrire un composant, si le langage en propose déjà un.
Un bénéfice qui déborde le cadre
Le sous-titrage sert dans un train, un contraste suffisant sert en plein soleil, une navigation au clavier sert à qui travaille vite. La conformité réglementaire est une raison de s’y mettre ; elle n’est pas la principale.